6 7 8 9 10 11 12 13 14 15    
Dimanche 04 Mai 2008

Le précédent relais était chez Amina 

__________________________________________________________________

  

Boualem sortait tout juste de la « djenaza » de Hamoud l’ancienne terreur du cartier. Bizarrement, il n’y avait pas eu beaucoup de monde. Il faut croire qu’on ne l’aimait pas beaucoup se dit-il.

Beaucoup de monde ou pas, ça l’avait plutôt amusé de recouvrir ce gros cercueil en bois de terre avec une pelle. Boualem trouvait ce « vieux » plutôt sympathique même si pendant des années lui et ces copains l’avaient plutôt embêté. Pour Boualem ainsi que pour beaucoup d’autres, « Hamoud la Terreur  » était simplement un vieux fou parmi tant d’autres  qui habitait quelques rues plus loin.  Ils ne comprenaient pas d’où lui venait ce surnom, il avait plutôt l’air inoffensif. Oui, c’était plutôt drôle de le voir parler tout seul et de pouvoir lui jeter des cailloux quand il est endormi tranquillement sous ces cartons.

 

C’était en quelque sorte un hommage qu’il lui rendait en participant activement à son enterrement.

 

« Qu’est ce qui a bien pu poussé 3ammi Hamoud à se pendre ? En v’la une drôle de façon d’en finir avec la vie. Et puis comment est ce qu’un SDF a pu se trouver une corde ?».

 

Boualem savait que quelque part quelque chose lui échappait.

 

…………………………………………………………….............................................

 

« Il a donc fini par se tuer… Il a mis le temps pour crever ce bougre !»

 

Incontestablement la mort de « Hamoud le Terreur » n’affectait pas beaucoup Zoubida, bien au contraire. Des années étaient passées mais au fond d’elle-même, elle lui en voulait toujours autant.

 

Incontestablement l’apparition de Hamoud dans sa vie avait marqué la fin de son amitié avec Loundja et la fin d’une époque entière pour elle.

 

Elle repensait au jour ou elle était rentrée chez elle après avoir passé quelques heures dehors à démarcher de nouveaux clients. Elle avait alors surprise Loundja et Boualem dans la maison. Aux gémissement que Loundja poussait, elle compris tout de suite qu’il ne s’agissait pas d’une simple relation de travail.

 

Zoubida n’a jamais pardonné à « Hamoud la terreur » de s’être orienté vers Loundja sa meilleure amie de l’époque. Bien qu’elle n’ait jamais voulu de lui, elle ne supportait pas que sa « chose » puisse appartenir à quelqu’un d’autre. Loundja pour sa part n’éprouva pas le moindre remord à l’égard de Zoubida, estimant sans doute à raison qu’elle ne lui devait rien.

 

Des excuses à cette époque auraient sans doute changé énormément de choses, mais elles ne pouvaient pas le savoir.

 

Zoubida en voulu terriblement à Hamoud mais encore plus à Loundja. Malgré la différence d’âge, elle l’a toujours considéré non pas comme une collègue pouvant permettre de booster les ventes en ciblant une autre clientèle, mais comme sa meilleure amie. Elle ne supportait pas l’idée qu’il y ait eu quelque chose avec Hamoud sans qu’elle le sache. Zoubida était possessive à l’extrême. Hamoud était à elle et à personne d’autres.

 

Elle n’osa rien dire à Loundja, mais au fond d’elle-même la blessure était profonde, très profonde,  extrêmement profonde. Elle ne supportait pas l’idée de savoir ces deux la réunis, heureux, pouvant s’adonner chaque jour à …

 

Elle se senti défaillir le jour où elle trouva Loundja accroupi devant le lavabo en train de vomir. « Zoubida, je crois que je suis enceinte » lui dit elle.

 

La encore elle ne laissa rien transparaître, préférant garder pour elle-même cette insupportable douleur. Cependant il y avait quelque chose de changé en elle. Elle avait désormais la certitude qu’elle devait se venger de sa désormais ex-meilleure amie. Ce n’est sans doute pas juste envers Loundja et elle le savait. Tant pis la colère était plus forte. Il ne lui restait plus qu’à attendre son heure, sagement, patiemment.

 

9 mois. Zoubida a passé 9 mois à aider son amie à surmonter les épreuves liées à la grossesse. Cette période aurait pu les rapprocher de nouveau si Hamoud n’était pas la constamment prés de la future mère de son enfant. Il tenait à être présent tout le temps pour ne rien rater de la grossesse. Il avait eu à une époque des sentiments très forts pour Zoubida, et sorti avec Loundja pour essayer de la rendre jalouse, mais avec le temps et maintenant cet enfant, il se demandait si il ne ferait pas mieux de reconsidérer certaines choses. 

 

Et puis arriva le jour de la naissance, un 4 Mai vers sept heures du matin. Un adorable petit garçon qu’ils nommèrent Salim, mais que les quelques personnes de son entourage appelait Slim. C’était un véritable compte de fée pour moins de 16 ans que vivait Loundja la prostituée et de Hamoud la terreur.

 

C’est sans doute ce jour la qu’elle décida à passer à l’acte. Voir Hamoud et Loundja ensemble lui était insupportable et avec cet enfant c’est devenu pire. Encore un peu de patience le moment n’était pas encore le bon.

 

Le jour où Hamoud annonça à Loundja qu’il refusait de reconnaître l’enfant, et qu’il l’a quitté, Zoubida ressenti un bonheur indescriptible. Les larmes de Loundja, les sanglots dans la voix de Hamoud, les au revoirs, … Jamais Zoubida qui avait connu des centaines d’hommes ne ressentit un orgasme aussi fort, une jouissance extrême.

 

« Ma pauvre Loundja, et dire que tu ne sauras jamais pourquoi est ce qu’il a fait ça ! »

 

Hamoud éloigné de leurs vies, la soif de vengeance de Loundja n’en était pas rassasiée pour autant. Patience, le moment n’est pas encore venu se disait-elle constamment.

 

Avec ce départ précipité de Hamoud, le petit Slim se retrouva sans tuteur légal. Il était inconcevable pour une certaine catégorie de la société de l’époque qu’une femme puisse avoir et élever un enfant tout de seul. Déjà qu’ils avaient du mal avec le concept de la vierge Marie que dire du reste !

 

Sans Hamoud, Loundja réalisa des efforts incroyables pour cacher l’existence de ce gamin autour d’elle. Elle réussit à cacher l’existence de cet enfant jusqu'à cette maudite nuit ou une horde d’hommes acharnés se dirigea vers la « maison des tapins » afin de lui enlever cet enfant né d’une liaison illégitime avec la terreur locale de l’époque.

 

Loundja n’a jamais su comment son secret avait été découvert, et ne le saura jamais. Elle décéda cette nuit la après avoir été ruée de coups en tentant de garder son enfant auprès d’elle.

 

Zoubida ne fut pas épargné elle non plus, mais incontestablement ils n’en avaient pas après elle cette nuit la. Pour la dernière fois elle joua le rôle de Zoubida l’amie fidèle de Loundja.

 

« Que ce fut simple d’éveiller le sens de la morale de ces hommes ! Ca valait le coup d’enfiler d’avoir ces cotes cassées ! Et dire qu’il m’a fallu uniquement mettre un voile pour manipuler ces hommes !».

 

Parfois une journée peut décider de l’avenir de quelqu’un. Pour Zoubida tout s’était joué en une nuit.

 

En éloignant Hamoud et en commanditant la mort de Loundja et de Slim, les envies de vengeance de Zoubida furent définitivement assouvies. Son plan avait fonctionné à merveille si ce n’est qu’elle n’avait pas prévue que le sentiment de haine allait être remplacé par un sentiment beaucoup plus dérangeants : le regret.

 

Rongé par les remords, Zoubida commença à sombrer doucement mais sûrement dans la folie. Tout comme l’oeil d’Abel fixait Caen, elle commença à voir Loundja et à l’entendre. Ces visions et mirages auditifs arrivait que très rarement au tout début, puis la fréquence de ces apparitions ne cessa de s’amplifier. L’alcoolisme qu’avait développé Zoubida au fil des années n’y arrangea rien, bien au contraire.

  

« J’espère que tu rôtiras en enfer Hamoud, toi et cette salle… de Loundja » cria-t-elle à haute voix.

La réponse est venue d’un des nombreux miroirs de la maison de Zoubida.

 

« Tu payeras pour ce que tu as fait Zoubida, tu le payeras. ».

 

Instantanément, Zoubida saisi le premier objet qui lui soit tombé sous la main et le jeta de toutes ces forces contre le miroir qui vola en éclats.

 

« Un de plus » se dit elle. Il faudra donner de l’argent à Boualem pour en acheter un autre.

 

Elle resta immobile quelques longues minutes à fixer le miroir, puis se dirigea vers son lit et ouvra le coffret qui se trouvait en dessous. Elle mis soigneusement les lettres de coté, et retira une grosse enveloppe ou étaient rangées des photos. Elle en cherché une en particulier.

 

« La voila enfin! ». Cela faisait plus d’une dizaine d’années qu’elle ne l’avait pas revu. Elle enleva avec sa manche la couche de poussière qui recouvrait cette photo et se mit à contempler cette image en noir et blanc. Loundja, Hamoud et elle réunit sur une seule et même photo. On pouvait voir Hamoud et Loundja en train de sourire, heureux d’être ensemble. Elle, elle ne souriait pas. Cela faisait très longtemps qu’elle n’avait plus souri.

 

« Ca n’aurait pas du se passer comma ça, mais vous l’avez bien cherché. Vous avez eu que ce que vous méritiez » se dit elle tout en froissant d’un seul coup cette photo.

 

Tout d’un coup, comme prise d’un doute, elle la défroissa et se mit à contempler le visage de Hamoud. 

 

 En une fraction de seconde, son visage passa de la colère à l’étonnement.

 

« Cette bouche. Cette mâchoire et cette fossette au menton ! Comment ai-je pu oublier cette fossette au menton ! On dirait… non ! C’est… c’est impossible !».

 

Son visage n’indiquait désormais plus l’étonnement mais la stupeur.

 

………………………………………….................................................................................

 

Boualem de son coté n’en menait pas large. Ce qu’avait fait Mogli et Hakim l’avait tout bonnement choqué. Il se demandait comment est ce qu’il allait pouvoir retourner chez Zoubida et la regarder en face. Il avait beau se moquer d’elle auprès des copains et la faire tourner en bourrique, au fond il éprouvait presque de la sympathie pour elle. Il lui arrivait de se montrer gentille avec lui parfois. Et puis c’était sa principale source de revenues !

 

Il arriva juste devant sa porte. Il pris son inspiration et son courage à deux main par la même occasion.

 

Toc toc toc !

  

Boualem eut comme seule réponse le miaulement de Kabouya.

Toc toc toc !!

 

« Euh…Tata Zoubida t’es la ?

  

« Entre Boualem tu tombes très bien je voulais justement te parler ! »

 

 

_______________________________________________________________

Pour la suite rendez vous chez Saladin

 

Stan

 

Ps : je n’ai pas pris le temps de bien me relire, excusez les fautes !

 

publié par Stanley dans: MSG perso d'MSN
   6 7 8 9 10 11 12 13 14 15    

Newsletter

Inscription à la newsletter

Calendrier

Septembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30          
<< < > >>

Portail de l'emploi 100% gratuit

Créer un blog sur dzblog.com - Contact - C.G.U. - Reporter un abus